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Le
nombre de groupes italiens qui se décident à arrêter de pomper
Rhapsody ou de faire systématiquement du speed-sympho-mélo-power-gay-metal
est en hausse et c'est fort bien. Après un premier album éponyme
autoproduit dont je ne sais rien du tout, Agabus est de retour avec
ce gros EP (sept titres, vingt-trois minutes de musique) intitulé
Last Way Left qui fleure bon la violence et le jump. Agabus fait en
effet du metalcore, cette savante mixture qui fait fureur ces
temps-ci: gros riffs qui font sauter, chant hurlé aigu et feeling
thrash/metal sont au programme.Les deux premiers titres Golpe et Atman Collapse
sont fondés sur la même base: riffs qui rappellent parfois
Slipknot et parfois le Sepultura post-Chaos A.D en plus dissonant,
passages syncopés jumpy enchaînés à des accélérations thrash,
et ce chant… En gros, c'est l'essence du chant "vomi"
que l'on trouve ici: des hurlements très haut-perchés et surtout
tenus très longtemps. Le grain hardcore/black d'Aro n'est
d'ailleurs pas très convaincant: il est souvent doublé par des
hurlements plus graves qui font passer la sauce, et noyé dans les
riffs ça reste acceptable en général, mais quand il tente de
balancer la sauce seul (The Hive Of Damage) on se rend compte que
c'est un peu poussif tout ça. En tout cas tout cela ne sonne pas
mal du tout pour une prod artisanale: tous les instruments
ressortent, et sans donner dans l'énorme les guitares sont
suffisamment pêchues pour que les riffs ne soient pas pourris par
un son indigent. C'est plus au niveau de l'originalité que le bât
blesse. Car le voilà le gros défaut qui handicape cet
album comme le bouton purulent sur le menton handicape le dragueur:
malgré une énergie appréciable tout cela ne révolutionne pas
grand-chose. Tout n'est pas à jeter, loin de là: certaines
chansons donnent à entendre des constructions assez alambiquées et
des riffs sympathiques, Train étant même particulièrement entraînante
et présentant un enchaînement d'ambiances béton. Mais certaines
tares empêchent Agabus de décoller pour de vrai: Responses est par
exemple plombé par une douloureuse tentative de chant clair à la
fin du morceau, et une bonne partie des autres morceaux est dépourvue
de ce petit "plus" qui transforme un groupe efficace en
groupe inspiré. Trop de riffs sur ce Last Way Left sont directement
pompés ailleurs, trop de placements rythmiques évoquent les ténors
du hardcore et du thrash. Qu'un groupe ne parvienne pas à maintenir
un niveau d'excellence sur tout un album je veux bien, mais il
s'agit d'un EP! C'est donc assez gênant. Je dois finir cette chronique en évoquant le
title-track Last Way Left, OVNI total de ce CD. Petit interlude à
mi-chemin entre l'intro, l'instrumental et la véritable compo, ce
titre développe une ambiance groovy et chaude jamais retrouvée
ailleurs. J'ai fortement pensé au Snot calme et jazzy des moments
les plus tranquilles de Get Some, ce qui est une excellente référence!
Dommage qu'Agabus n'ait pas réellement intégré cette couleur à
leur palette, car j'aurais été curieux de voir ce feeling marié
aux autres éléments thrashcore du groupe. Last Way Left est donc
un mini-album sympatoche, pas vraiment mauvais et qui révèle même
quelques très bonnes surprises, mais ces surprises ne suffisent pas
à relever le niveau général et le côté assez quelconque du
reste. On l'a déjà dit, la scène metalcore est saturée, donc être
moyen ne suffit pas! Le potentiel est là, mais il faudra qu'Agabus
gagne en maturité pour être concurrenciel.
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