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Depuis
son concept album de 2004, Invisible Circles, After Forever a subi
un changement de line-up des plus alléchants pour les amateurs de
musiques progressives. En effet, en lieu et
place de l'ancien claviériste Lando Van Gils, on retrouve
maintenant le
hollandais Joost Van Den Broek (ex-Sun Caged, Ayreon). Ce dernier
est tout sauf le premier venu et possède la trempe nécessaire pour
matérialiser les ambitions d'After Forever. Comme le prouvent la
pochette ainsi que la musique plus directe, le groupe tente de
percer dans le monde des formations à chanteuse. Il est vrai que
pour ceux qui suivent ces Hollandais depuis leurs débuts, il ne
fait guère de doute qu'ils sont les successeurs idéaux à Within
Temptation et autres Nightwish.
Pourtant, à l'écoute de
Remagine il est évident que ce combo ne possède ni la touche pop
exquise de Within Temptation ni le sens des orchestrations comme
Nightwish. Et ce n'est pas faute d'essayer. En effet, l'album
regorge de chorales et d'arrangements symphoniques signés par Joost Van Den
Broek qui marque ainsi son territoire.
Et comme si After Forever voulait être certain de bien maîtriser
la situation, il s'est payé les services de la paire Sascha Paeth
et Miro (qui n'ont tout de même pas l'exclusivité de la production
et du mixage): cela donne indéniablement un aspect professionnel et
léché à
l'ensemble. Mais l'inspiration n'est pas là. Les arrangements et la
chorale sont souvent très pompeux et présents uniquement pour se rallier à un
genre musical pré-établi (Forever, Only Everything). Only
Everything possède tout de même une seconde partie de morceau de
toute beauté et prouve qu'en se creusant la tête, le groupe peut
arriver à de belles choses.
Au chant, Floor Jansen assure sans aucun doute
possible la meilleure performance de sa courte carrière mais sa
voix ne parvient jamais à briser la glace au contraire d'Anneke Van
Giersbergen, Tarja Turunen, Sharon Den Adel, Simone Simons ou même
Marcela Bovio. Comme un réalisateur de clips de hip hop américain,
Jansen est forte techniquement mais nettement moins intéressante au
niveau de la créativité. Seules quelques interventions sont bien
senties notamment sur Come. Il faut dire à sa décharge qu'une bonne moitié des
morceaux de ce Remagine sont assez stéréotypés dans un carcan
heavy gothique aux claviers atmosphériques (Face Your Demons, No
Control, Attendance, Living Shields). La voix masculine, souvent
death, est quant à elle très mauvaise et ne montre aucun signe
d'amélioration avec le temps. Dommage car le genre pratiqué par
After Forever se prête à cette touche dark.
Les influences pop sont
peut-être les plus simples de la musique d'After Forever mais
également celles qui provoquent le meilleur résultat. Il est donc
agréable de constater que le groupe les a mis plus en avant. Being
Everyone fait un très bon single grâce à des mélodies imparables
et des claviers présents. Ces derniers sont également à la fête
sur le catchy et très réussi Free Of Doubt, seul morceau de
l'album qui parvienne à synthétiser toutes les qualités des six
musiciens. Remagine est donc un album un peu tendre qui aura du mal
à séduire des hordes de nouveaux fans. Il souffre principalement
de son éparpillement, de sa prévisibilité et du fait qu'After
Forever fasse un peu trop figure de suiveur de tendance. Ceux qui
suivent la scène de loin pourront néanmoins y trouver leur compte.
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