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Line-Up :

Batky Zoltan (chant)

Torma Ferenc (guitare)

Winkler Balazs (arrangements)

Madai Zsolt (batterie)

Lengyel Zoltan (claviers)

Gorgenyi Tamas (concept)

Egervari Gabor (narration)

Pejtsik Peter (basse)

 

After Crying - Show (2003)

 

Chansons Qui Tuent :

NWC

Secret Service

 

 

   

 

 

 

    

 

After Crying est un groupe de rock progressif Hongrois fusionnant de nombreuses influences dans sa musique qui garde toujours un caractère très expérimental. C'est d'ailleurs souvent ce côté expérimental trop poussé qui rebute beaucoup d'auditeurs. Néanmoins force est de reconnaître que Show est très varié en n'oubliant pas d'inclure des morceaux plus légers ou de longues parties instrumentales plus tradionnelles. Reposant sur un concept très travaillé, l'album l'est tout autant et devrait ravir les amateurs de musique peu commune et fouillée. A noter que je ne parlerai pas ici du concept car Gorgenyi Tamas l'a fait mieux que moi dans une interview accordée au site (cliquez ici pour la lire).

Les passages plus people sont absolument exquis. Le morceau d'ouverture NWC est ainsi purement grandiose en combinant comme jamais des mélodies faciles et efficaces avec de redoutables structures torturées. La construction de ce morceau a de quoi laisser plus d'un mélomane sur place tant la louable mais délicate tentative de synthétiser tous les aspects du rock prog en moins de cinq minutes est réussie. Remote Control s'inscrit dans cette même lignée en moins inspiré: les lignes de chant sombrant quelque peu dans le grand guignolesque par moments... Néanmoins la grande folie de la composition, ultra mouvementée, qui met en valeur les cuivres a de quoi séduire. Par ailleurs, Show sait également brillamment mettre en valeur les claviers sur Globevillage At Night ou encore sur Wanna Be A Member? qui sont tous deux de bons morceaux de transition.

Mais qu'on ne s'y trompe pas, la pièce maîtresse de ce Show est, une fois n'est pas coutume, son morceau le plus long. Ainsi, Secret Service est une chanson d'une richesse inépuisable où vous trouverez de subtils arrangements construits autour de la Neuvième Symphonie de Dvorak, du Easy Money de King Crimson et du Boléro de Ravel. Tout ceci peut paraître paradoxal mais After Crying se charge d'éclaircir votre imagination avec un morceau dépassement l'entendement. Après une longue introduction de plus de quatre minutes tout en retenue et en lyrisme, le morceau s'envole vers des horizons encore plus légers avec le renfort de cuivres planants. La suite gagne encore en intensité lorsque le thème du Boléro se fait entendre. Et que dire du finale en guise d'apothéose? En tout et pour tout, ce sont quinze minutes d'extase d'une musique raffinée, discrète mais maîtrisée royalement de bout en bout. Ceux qui souhaitent plus de technicité n'auront qu'à se rabattre sur Wanna Be A Member? ou sur l'ultime morceau Life Must Go On et sa reprise de riff de King Crimson qui prouve encore une fois l'influence de la bande à Robert Fripp sur ce combo Hongrois. 

En fait, Show ne pêche que par quelques uns de ses morceaux un peu longuets et/ou trop expérimentaux comme Technopolis ou Invisible Legion qui auraient gagné à être raccourcis. De plus le riff principal de ce dernier n'est pas des plus subtils et fait un peu cirque... Ce qui pourrait passer inaperçu dans d'autres disques est ici bien visible par contraste avec les meilleurs moments de Show. On lui préférera un morceau plus direct et sans fioritures comme Face To Face. Les passages narrés deviennent quant à eux assez ennuyeux (voire carrément insupportables) au bout de plusieurs écoutes (Remote Control, Technopolis). 

Toutefois on ne peut que saluer le fait que TOUS les morceaux servent systématiquement, de leur façon personnelle, le concept de Gorgenyi Tamas, qui demeure fort ambitieux à l'image du disque. Ambitieux et réussi, que peut-on espérer de plus d'un disque de progressif?

 

16/20

 

-the lord (Janvier 2004)

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