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Line-Up :

Gabor Egervari (flûte)

Lazlo Gacs (batterie)

Tamas Gorgenyi (chant)

Peter Pejtesik (basse+violoncelle+chant)

Ferenc Torma (guitare+claviers)

Balazs Winkler (claviers+trompette)

 

After Crying - De Profundis (1997)

 

Chansons Qui Tuent :

Stalker

De Profundis

Manok Tanca

 

   

 

 

 

 

Prenez une lichette de jazz, ajoutez-y une poignée de rock progressif et enfin versez le tout dans un grand bol symphonique. Non, ce n’est pas du grand Isildurs Bane qu’il s’agit pour cette fois, mais du non moins très respectable After Crying. Ce n’est pas un hasard si je cite Isildurs Bane, car les deux formations partagent de nombreux points communs, dont un qui ne fait aucun doute, celui d’un insolent talent! After Crying a gentiment su s’imposer au fil des années et ce notamment grâce au génial 6 qui a eu son petit succès à l’époque chez les amateurs de prog. Mais avant 6 ou le petit dernier en date Show, le groupe nous avait déjà fait l’honneur d’un superbe disque: De Profundis. Ami lecteur égaré, je sens que ce nom t’interpelle. Et dieu sait comme tu as raison.

De Profundis marque un tournant. En effet, c’est ici que l’identité du groupe prend véritablement son envol, son orientation progressive (c’est déjà très marqué sur Fold Es Eg c’est vrai… Bon, vous me lâchez, là?). Car les débuts de nos Hongrois lorgnaient plutôt du coté des « musiques nouvelles » et contemporaine, rappelant par certains aspects la scène RIO (Overground Music est, dans la sombratitude, assez proche d’Univers Zero). C’est assez logique, si l’on considère le fait que les membres ont pour la plus part une formation classique.

Seulement voila, cette base s’est vue greffée d’une très large inspiration King Crimsonienne et ELPienne (ne partez pas!!). A ce titre, De Profundis est très parlant et par conséquent son orientation progressive aussi! Nous avons en fait à faire à un disque très varié qui mélange pas mal de parties et soli d’instrumentation classique avec des claviers emersoniens et une guitare frippienne. Oui voila, je tiens le bon bout pour résumer ce disque. De Profundis, c’est du hautbois, du violon, du tuba, de la flûte, du Fripp et du Emerson. Et c’est musicalement très délicat aussi. La guitare électrique n’étant pas toujours de la partie. Soyez donc prévenu, plusieurs pièces du disque sont avant tout purement acoustiques. Et c’est très bien ainsi, même si certains vont faire la tronche. Par exemple, prenons Manok Tanca, piécette subtile et merveilleuse! Un vrai moment de bonheur. Avec un piano proche d’Emerson mais a qui l’on aurait enlevé les boursouflures pompeuses.

Les amateurs de Fripp ne seront pas en reste avec des morceaux comme Kifulladasig, cinq minutes de guitare Fripienne en soli ou bien encore le monumental Stalker, pièce typique du groupe avec une longue monté hypnotique digne du roi cramoisi et tout cela avec des violons et des cuivres. Elle n’est pas belle la vie? Pour ceux qui auraient eu l’extrême joie de tomber sur Show, c’est le genre de pièces qui se rapproche de Invisible Legion. Et que dire face au chef d’œuvre du disque et peut être bien du groupe? De Profundis, perle entre les perles, monument de bon goût musical, d’harmonie maîtrisée, d’arrangements divins. Oui j’en rajoute mais les douze minutes du morceau sont d’une beauté confondante. Les mots manquent. Vraiment du bel ouvrage. Un autre exemple de l’éclectisme dont fait preuve cet album, Stonehenge, quatre minutes de soli de violoncelle. Encore une fois superbe. Mais je me répète

Mais passons aux quelques détails qui fâchent… un peu. Tout d’abord, le chant. Non pas qu’il soit mauvais, mais il n’est pas exceptionnel et qui plus est… en Hongrois. Oui, tout est en Hongrois dans De Profundis. C’est bien dommage, car il y a des parties parlées dans cet album. Comme celui de Modern Idök qui pour le coup, puisqu’on n’y entrave que dalle, est un peu lourdingue. Mais ce n’est pas tout, l’entré en matière du disque, Bevezetes avec ces chants grégoriens, n'est vraiment pas terrible. Ne vous fiez donc pas à la première impression. Cela dit, je suis particulièrement frustré de ne pas comprendre un traître mot des paroles de De Profundis.

Enfin, le dernier détail qui fâche est à la fois la plus grande qualité mais aussi le plus grand défaut du disque. La variété. On a parfois l’impression que le disque ne sait pas où il veut aller. Cela rappel un peu ce qu’avait pu faire Isildurs Bane avec The Voyage. Vous voyez, on y revient. Vrai défaut ou grande qualité? Etant aventureux par nature, j’ai choisi. Au final, grand disque. Forcément. Sans doute ne plaira-t-il pas de prime abord à l’amateur de rock progressif qui viendrait chercher sa ration de grosse rythmique bien lourde mais pour l’aventureux qui n’apprécie pas trop l’extravagante dissonance propre au RIO… Puisse-t-il trouver ici un asile appréciable!

 

16.5/20

 

Blackmore (Octobre 2004)

 

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