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Une fois n'est pas
coutume, nous nous intéressons aujourd'hui à un combo de thrash.
Enfin, heavy-thrash plus précisément. Heavy-thrash belge pour être
encore plus précis. After All existe depuis 1992; The Vermin Breed
est leur cinquième album (après Wonder en 1995, Transcendant en
1997, Dead Loss en 2000 et Mercury Rising en 2003). Fort d'une réputation
live plutôt bonne, le groupe belge a eu l'opportunité au cours de
sa carrière de tourner aux côtés de grands noms comme Anthrax,
Overkill, Therion ou Tiamat. Voilà pour les présentations...
Introduction nécessaire me semble-t-il, car After All ne jouit
pas par chez nous d'une reconnaissance importante, malgré la
proximité de son pays d'origine. Question musique, il s'agit d'un mélange
entre heavy old-school et gros son moderne, deux influences qui se
conglomèrent en un thrash rapide et bourrin. La rythmique est bien
en place, assurément: Kevin Strubbe à la batterie assure un jeu
totalement... thrash qui sied à ravir aux riffs des amigos Dries
Van Damme et Christophe Depree. A cet égard, After All rappelle
Kreator, comme sur "Forgotten" ou "The
Insufferable". "Maze Of Being" se rapproche plus du
speed-metal de la première époque, période Walls of Jericho. Mais
la voix de Piet Focroul, loin des envolées sur-aiguës de Kai
Hansen, arrête là la comparaison.
Cette voix, parlons-en justement: très agressive, souvent hurlée,
parfois un tantinet mélodique, elle est sans doute le point faible
du groupe. Le style d'After All n'implique certes pas un soin immodéré
aux lignes vocales, mais il est bien difficile de ne pas trouver ce
chant lassant à la longue, soyons honnêtes. Les rares mélodies
("Reasonable Doubt", "Maze Of Being") sont
globalement ratées, tant dans leur conception que dans leur interprétation,
ce qui pousse Piet à demeurer dans les mêmes tons. C'est pourquoi
nous avons droit sur la quasi-totalité de l'album à une attaque
musicale et vocale sauvage, difficilement assimilable d'une traite.
Gageons que l'énergie dispensée par le groupe en live annihile ces
effets de lassitude que l'on éprouve sur un disque studio. Autre
regret, tant qu'on y est: les riffs se succèdent, claquouillant
comme il faut, mais évoluent trop souvent dans les mêmes tonalités.
Un poil de variété ne serait pas de trop.
"Unnamed Sorrow" , avec sa double grosse caisse au
taquet et ses changements de rythmes (cf les pré-refrains),
symbolise en revanche ce qu'After All sait proposer de mieux en
terme de composition. Idem pour "Reasonable Doubt", dont
le rythme ne peut que donner envie de taper du pied et de
headbanguer jusqu'à rupture de la nuque. Les musiciens ont de l'expérience
et la mettent à profit. Il est donc d'autant plus dommage que
l'ensemble soit encore irrégulier. Des influences bien senties
(Voivod, Megadeth, les premiers Metallica) sautent de temps en remps
aux oreilles et c'est ma foi fort agréable. "Deny The
Dream", de son côté, nous sort un grand riff-mitraillette à
la Iced Earth, tandis que "Cascade" nous plonge avec son
tempo lent dans une ambiance glauque, où la voix de Piet se fait
aussi plus théâtrale... Bref, de la qualité il y en a, aucun
doute. Reste que les flamands gagneraient à forcer davantage la
diversité pendant le processus de composition, afin d'accrocher
l'oreille de l'auditeur plus longtemps et plus intensément.
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