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Après
« La Chasse Sauvage » qui avait donné à Aes Dana un nom en 2001,
c’est le nouveau et second véritable album « Formors » qui
donne ici une ampleur supplémentaire au combo parisien. Amateur de
black metal celte à la construction progressive, « Formors » est
pour vous! De la même manière que sur « La Chasse Sauvage », il
s’agit ici d’un métal compact, virulent, très instrumental,
bombarde et flûtes en avant. Il est difficile dans ce domaine
musical d’associer pareils instruments, sans être soit à coté
de la plaque niveau notes, soit carrément ridicule et trop festif.
Aes Dana s’en sort bien, même si la bombarde aura toujours un coté
festif et traditionnel à mes oreilles. Il n’empêche que le metal
de Aes Dana est des plus remarquables si l'on se réfère à la
qualité des compositions et aux structures à la fois intenses et
envolées. Sans être un accompagnement standard, le black metal joué
par le groupe accompagne tout en symbiose les instruments à vent,
et ce dans une technique notable.
Tout au long de ces huit titres, Aes Dana développe à la fois une
musique sombre et virulente (Le Combat Des Arbres), authentique,
sans faux-semblant ou broderie, baignée dans un anachronisme épatant,
dans un folklore qui nous est proche et loin à la fois. Tout cela
est fait avec une sincérité et une authenticité exemplaires,
autant au niveau de la composition que des paroles. Sur ce dernier
point, la logique est respectée avec des textes en français, présentant
des histoires en un paysage fouillé, plutôt noir, empruntant
parfois la voie de Taliesin dans un élan de tradition ancestrale et
païenne (Le Combat Des Arbres).
Seul et unique chanteur, Vidar parvient avec une assez grande
virulence à renverser la musique du coté sombre. Certains
placeront le timbre de ce dernier en opposition avec le délicatesse
des flûtes et bombardes, mais c’est bien ce que fait Aes Dana, ce
mélange toujours instable de violence et de calme. Il sera à ce
propos important de noter la capacité du groupe à adapter le
rythme à ses histoires, autant du coté du mid tempo voire
acoustique comme la deuxième partie de Manannan Mc Lir ou le début
de Mer De Glace Et D’Ombres. Et lorsqu’il faut être plus véhément,
comme Les Griffes Des Oiseaux, Ventres Noirs ou Exil, les celtes
s’en tirent très bien. Et niveau guitares, les riffs ont toujours
une raison d’être, soit comme accompagnement rythmique et
technique de la bombarde, soit vecteur d’un black metal à la
Himminbjorg sur certains passages. Certains passages rythmiques
comme sur Exil valent leur pesant d’or.
« Formors ». Enfin un album qui allie metal clair dans lequel
chaque instrument a son mot à dire (très bon batteur à l’aise
dans toutes ses approches) et musique extrême raffinée. Il n’est
jamais facile de se mettre pour la première fois dans le bain du
pagan metal, tant les structures et l’approche harmonique diffèrent
du metal traditionnel, mais une fois dedans, le voyage est garanti.
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