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Adema a longtemps
été connu de façon simpliste comme le groupe où chantait le demi-frère de Jonathan
Davis (Korn), Marky Chavez. Mais ce dernier est parti vers d'autres
horizons, laissant le groupe sans chanteur. Ajoutez à cela la
faillite de leur label d'origine (Arista) quelques semaines après
la sortie de leur deuxième album, Unstable, et vous comprendrez
vite qu'Adema aurait pu s'arrêter au sommet de sa gloire, après
avoir écoulé quasiment un million de leurs albums rien qu'aux Etats-Unis.
Pourtant de l'aveu même de Kris Kohls le groupe a voulu continuer
sous le nom d'Adema avec un nouveau chanteur, Luke Caraccioli, et
une nouvelle maison de disques, Earache.
Comme pour mieux marquer ce second départ,
Adema a en plus changé de style puisque le néo metal des débuts
s'efface progressivement pour laisser place à un rock/metal moderne
où s'exprime avec brio le chant de Caraccioli. Certes, la
production ou encore le jeu de basse/guitare fait ressortir le
passé néo du groupe mais le chant, lui, n'a pas grand chose à
voir avec cette scène en perte de vitesse. Bien évidemment sur certains morceaux comme
Sevenfold, dont les rythmiques rappellent Tool, on reste très
proche des deux premiers albums mais sur le single Tornado, brillant
représentant des nouvelles facettes du groupe, Adema
affiche clairement ses ambitions d'élargir son style à un rock
soit plus soft (Better Living Through Chemistry, Wide Eyes Open,
Tornado) soit plus dépouillé (Remember, Rise Above) soit les deux
à la fois (Planets). De plus, les Américains ne manquent pas de
nous rappeler à quel point Metallica est une influence importante
sur le très entraînant Vikraphone.
Le très beau et lugubre
morceau-titre Planets fait le pont entre le passé et le possible
futur d'Adema en prenant le meilleur des deux courants: le mystère
que peuvent proposer les rythmiques du néo et les mélodies propres
au rock. La voix de Caraccioli n'est pas étrangère à cette
réussite, il semble pouvoir s'adapter à n'importe quel registre du
plus agressif au plus doux sans forcer son talent. Néanmoins, Adema
a tendance à manquer de réussite dans les passages les plus
chargés en émotion comme le titre Remember dont la présence ne
fait que ralentir le rythme de l'album sans parvenir à nous rendre
nostalgique comme le voudrait le chanteur d'origine italienne. Même
remarque pour l'horripilant Rise Above...
Les chansons plus typiques
ne sont pas toutes de franches réussites (Chel, Barricades In Time)
mais la majorité d'entre elles possèdent une fraîcheur qui les
rendent très agréables à entendre. Bien entendu, certaines telles
que Shoot The Arrows, Tornado ou Until Now sortent nettement du lot
mais au-delà de quelques couacs, Planets est un album assez solide
ne présentant pas plus de déchets qu'un album de rock habituel. En
faisant une révolution à son échelle, Adema s'est reconverti en
s'assurant une intégrité artistique. Avec des singles de la trempe
de Tornado ou de Planets, on voit mal comment le succès populaire
ne continuerait pas.
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