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Peut-on encore parler
d'artiste prometteur lorsqu'on évoque le cas d'Adam Green? En
effet, avec le purement phénoménal Gemstones, le jeune mais
expérimenté Américain a d'ores et déjà signé un disque majeur
qu'on oubliera pas de sitôt. C'est donc logiquement qu'on attendait
sur scène cet artiste déjanté qui se nourrit d'un passé kitsch
pour mieux faire vivre une musique personnelle et, en fin de compte,
vraiment moderne. Point d'orgue des trois dates jouées en France:
celle de Paris qui se déroulait dans un Trabendo complet.
Après deux premières parties
sympathiques mais pas renversantes (mention spéciale à la musique
d'Hal bien plus intéressante que leur présence scénique), Adam
Green arrive (trop?) décontracté derrière son pied de micro. Et
là c'est parti pour presque trente titres plus jouissifs les uns
que les autres. La spontanéité est de la partie à chaque concert
d'Adam Green ce qui se traduit entre autres par des setlists
toujours inattendues. Suivant son instinct, il peut s'écarter à
tout moment de qu'il avait prévu de faire à l'image du Kokomo
joué deux fois dans la soirée ou de ses demandes de titres au
public durant le rappel. C'est dans ce cadre que Jessica, He's The
Brat, Bungee et
l'improbable Silver Tongue auront été joués.
Contrairement à
l'attitude un peu pédante et distante qu'il laisse entrevoir en
interview, Adam Green se lâche entièrement sur scène en
enchaînant des dances ridicules (même pour les annés septante). De plus,
il n'hésite pas à introduire ses chansons de manière pour le
moins originale: tel un prêtre américain possédé sur Prince's
Bed, en se lamentant de la similarité des ses riffs sur Carolina,
en insistant sur le fait qu'il ne jouera enfin plus de reprises, ou
encore en prévenant qu'une nouvelle, et fantastique, chanson va
être interprétée. Il joue de sa timidité ainsi que de sa
tendance naturelle à gaffer et les transforme en forces. Comment
expliquer autrement l'effet que procure son chant amateur et son
grand n'importe quoi à la guitare en toute fin de concert? S'il se
met à chanter faux, plutôt que de rectifier le tir, il joue à la
surenchère, se marre et provoque par ricochet l'hilarité
générale dans l'assitance. Avouez que rire PENDANT des chansons
n'est pas très courant lors d'un concert... Adam Green a gardé son
âme d'enfant et on l'en félicite. A l'écoute de ses disques on
oublie parfois qu'il n'a pas encore vingt-cinq ans. Ses prestations
scéniques se chargent de le rappeler.
Sur la musique à proprement parler,
les morceaux les plus mémorables auront été les plus fous. Choke
On A Cock, Gemstones, Over The Sunrise et le petit nouveau, tous
soutenus solidement par les musiciens, sont de sacrées bombes qui
ne trouvent leurs équivalents chez aucun autre artiste. Alors,
certes, Green a peut-être un peu forcé sur le nombre de reprises,
d'autant plus qu'à part I'll Be Your Mirror (The Velvet
Underground), elles ne sont pas aussi bonnes que certains titres qui
sont passés à la trappe comme Frozen In Time ou Country Road, mais
il a tout de même été l'auteur d'une démonstration de force.
Tout comme la fille qui est montée sur scène pour chanter Kokomo
(version II) et dont le nom était peut-être Carolina, Jessica ou
Emily, chacun est rentré chez soi avec un sourire idiot imprimé
sur le figure et l'envie pressante d'entendre de nouvelles
compositions de ce chouchou du folk.
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