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ADAGIO
Juillet 2006
  
JOURNALISTE :
-the lord
  
INTERVIEW AVEC :
Stephan Forté
Guitariste
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C’est un groupe neuf qui accouche de Dominate (cliquez ici pour lire la chronique) en 2006. Suite au remplacement de David Readman par Gus Monsanto, Adagio accentue la violence de leur musique en se débarassant des envolées néo-classiques qui avaient fait la renommée d’Underworld. Une démarche préméditée qui semble tout à fait convenir au guitariste-leader Stephan Forté…

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-the lord : Dominate, votre troisième album studio, est assez différent d’Underworld…

Stephan Forté (guitare) : (me coupant) Oui ce sont deux albums complètement différents. Il ne faut pas considérer Dominate comme la succession d’Underworld. C’est la suite d’Adagio mais en aucun cas Underworld II. Ceux qui ont aimé le côté visuel et les influences progressives d’Underworld ne se sont pas forcément tous retrouvés au départ dans Dominate. On retrouve néanmoins tous les ingrédients de la musique d’Adagio : la musique orchestrale, le shred, etc mais dans un format plus court et plus violent.

-the lord : Tu n’as pas été épargné par les changements de line-up depuis les débuts du groupe et le dernier en date concerne le chanteur David Readman. Dans quel état d’esprit étais-tu lorsque le groupe n’avait plus de chanteur, sachant que celui-ci a joué un rôle très important dans la popularité d’Adagio ?

Stephan Forté : Nous avons vraiment dû nous séparer de lui… C’est d’autant plus regrettable que c’était uniquement lié à des raisons de business : mon management ne s’entendait pas du tout avec celui de David. Nous espérions que les choses allaient s’arranger mais malheureusement nous n’avons pas eu le choix. Ou heureusement puisqu’il y a eu par la suite l’arrivée de Gus Monsanto.

-the lord : Sa voix n’est d’ailleurs pas si éloignée que cela de celle de David Readman…

Stephan Forté : Par certains aspects, c’est vrai. Beaucoup de gens trouvent en effet que sur le morceau du nouvel album Children Of The Dead Lake, sa voix rappelle fortement David. Ce n’est pourtant pas fait exprès. Je pense que c’est surtout lié au style de nos mélodies. Je peux te garantir qu’il n’a pas cherché à copier le style de Readman car Gus n’a pas besoin de faire cela : il est très fort techniquement. Même quand il chante les vieux titres, il le fait à sa manière. D’ailleurs, nous allons sortir un EP avec deux ou trois chansons d’Underworld qui seront reprises avec Gus au chant. Il y aura également quelques suprises… Cela nous permettra de marquer une transition ferme et définitive : Gus est le chanteur d’Adagio et quelque part il est là depuis le départ !

-the lord : Comment t’est venue l’idée de faire une reprise de Fame ?

Stephan Forté : Je voulais reprendre un titre diamétralement opposé à la musique d’Adagio, en l’occurence du disco, pour en faire une chanson vraissemblable pour le groupe. C’était un challenge pour le fun. Le résultat est marrant et la prochaine fois on ira encore plus loin avec du Carlos (rires).

-the lord : Avec le chant extrême davantage présent et des sonorités plus violentes que jamais, est-ce que les comparaisons avec Symphony X vont s’arrêter ?

Stephan Forté : J’espère (rires) ! Il faut dire que Michael Romeo et moi écoutons des choses similaires, nous avons des influences communues. Mais dans notre musique, le chant extrême sera toujours là : Adagio ne sera jamais un groupe de black ni un groupe complètement mélodique. Nous voulons avoir un équilibre entre ces deux styles. Underworld n’avait pour moi déjà rien à voir du tout avec Symphony X de par les parties de piano, les chorales et l’aspect moins metal. Sanctus Ignis ressemblait effectivement un peu aux Américains même si j’ai eu du mal à m’apercevoir. Mais avec Dominate, cette comparaison n’a absolument plus lieu d’être.

-the lord : Parle-nous du changement d’univers visuel… Vous abandonnez l’imagerie religieuse ?

Stephan Forté : Nous ne voulions pas garder la vierge tout le temps ! L’iconographie religieuse est quelque chose que j’apprécie beaucoup mais il en va de même avec les films d’horreur et d’épouvante. J’adore George Romero par exemple. Je pense qu’à chaque album il faut évoluer tout en gardant son identité. On reste toujours dans le domaine du sombre, mais d’une autre façon. Avec la stabilité du nouveau line-up, je pense qu’on part sur de nouvelles bases. Dominate est annonciateur du « vrai » Adagio.

-the lord : A la suite d’Underworld, tu m’avais déclaré qu’il était plus vraissemblable que le groupe s’éloigne de ses influences metal que de ses influences classiques. Dominate prouve le contraire. Comment expliques-tu ce retournement ?

Stephan Forté : Il paraît qu’à la trentaine, on revient aux trucs qu’on a aimé avant (rires). En fait pour Dominate je m’étais vraiment mis dans la tête de faire un disque direct, heavy et violent donc il n’y avait pas de place pour les influences classiques. Sur mon album solo à venir, vous pourrez découvrir des compositions très axées sur la guitare et avec de nombreuses influences de musiques traditionnelles d’Europe de l’Est. Ca me libérera de tout ce que je ne peux pas trop faire dans le cadre d’Adagio. Je veux faire le pont entre Bartok et Meshuggah !

-the lord : Très bien. Pour finir, peux-tu m’expliquer d’où vous est venue cette idée de proposer par le biais de votre site internet des vacances au ski, début avril, avec le groupe ?!

Stephan Forté : (rires) On nous a proposé de faire un stage Adagio et nous avons trouvé cette idée super cool. Cela nous permet de passer du temps avec des fans et de faire un truc vraiment intensif au niveau instrumental. L’organisateur nous a proposé de coupler cela avec le ski car il voulait que ça se passe en Savoie. Je trouve ça fun et apparemment vu le nombre de demandes qu’il y a eu je ne suis pas le seul !

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