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C'est une bien belle affiche constituée par ce lot de trois groupes français pour le prix d'un seul billet: Malédiction, Manigance et Adagio. Malheureusement, je ne pourrai pas vous parler de la prestation des deux premiers groupes pour cause de fâcheux contre-temps à Lille... Ceci est d'autant plus rageant que, d'une, selon les personnes avec qui j'ai pu parler les deux sets délivrés étaient de grande qualité et, de deux, je n'ai pas eu le temps d'aller saluer notre cher et tendre parrain Stéphan Forté, sûrement bien stressé à l'occasion de ce concert...
Car je ne vous l'ai pas encore dit mais le concert de ce soir-là était enregistré en vue d'un futur album live (comme ceux de Manigance et de Malédiction d'ailleurs)! Dans ces cas-là mieux vaut ne pas avoir ni de problèmes techniques ni de son si l'on ne veut pas être accusé d'overdubber comme un ours en post production... Cela tombe mal pour ses détracteurs car Adagio a été techniquement irréprochable tant au niveau de la prestation instrumentale que de l'équilibre entre les différents musiciens. Seul le clavier passait légèrement en retrait de temps à autre mais rien de bien dramatique. Et ce son parfait l'a été dès les premières notes de Second Sight ce qui a fait du début du concert son incontestable apogée.
En effet, l'enchaînement Second Sight/Chosen a des allures d'ultime rappel tellement ces titres ont tout arraché et captivé l'attention de la foule, pas gagnée d'avance. Conscient de ce détail, David Readman chante excellement et ne se ménage pas du tout. Conséquence: il sera moins opérationnel pour la suite, obligé de laisser de côté les notes les plus hautes pour rester dans un ton global plus grave et sombre. Ce n'est pas un mal car la plupart des titres interprétés ont une ambiance assez ténébreuse. Fort de son expérience scénique avec Pink Cream 69, l'anglais harangue la foule (en Franglais!) qui n'était visiblement pas entièrement au courant de l'existence même d'Adagio. C'est bien simple tous les gens autour de moi se demandaient quel était ce groupe pour lequel Manigance ouvrait! Heureusement, ces mêmes personnes ont été conquises par ce qu'ils ont entendu et se sont ruées acheter du marchandising Underworld au stand prévu à cet effet.
Mais revenons sur la musique deux secondes car il y a beaucoup à dire. Adagio a pioché avec équilibre dans ses deux albums studio et, comme on pouvait s'y attendre, les morceaux de Sanctus Ignis passent bien mieux en concert car plus directs. Second Sight, The Stringless Violon et surtout In Nomine repris en choeur par le public de l'Elysée Montmartre sont ainsi brillamment rendus par le quintet dont les membres ne manquent jamais une occasion de se mettre en évidence individuellement. Et c'est là le seul reproche que je ferai à la prestation du groupe et surtout à l'encontre de son leader-guitariste: pourquoi rallonge-t-il des soli déjà très longs sur album? Le solo de basse de Frank Hermanny, aussi impresionnant soit-il, était également dispensable. Si on aime Adagio c'est justement parce que ce groupe est le meilleur compromis entre technique et composition; alors pourquoi vouloir faire des démos à la G3 en concert? Ceci provoque un état de léthargie chez la plupart des auditeurs, surtout chez ceux qui ne connaissaient pas le groupe... De plus, les morceaux prog sont encore trop nombreux dans la setlist. Un ou deux titres dans la lignée d'In Nomine ou de The Mirror Stage n'auraient pas fait de mal.
La surprise du concert est venue lors des rappels où le groupe a interprété une très bonne version d'Immigrant Song de Led Zeppelin. A la différence de la version studio instrumentale de Sanctus Ignis, celle-ci était chantée de fort bonne manière par David Readman qui a régalé le public avec ses cris plantiens lors des couplets. Mais là encore le groupe fait trop durer la chanson avec une mini jam/présentation des musiciens très ennuyeuse... Toutefois, le groupe, à la mi Février 2004, n'avait pas encore donné dix concerts dans sa carrière et on ne peut que saluer le haut niveau de performance atteint par un combo déjà très professionnel.
Setlist Adagio
- Second Sight
- Chosen
- Panem Et Circenses
- The Stringless Violin
- From My Sleep... To Someone Else
- Promises
- Seven Lands Of Sin
- The Mirror Stage
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- Underworld
- Immigrant Song
- In Nomine
-the lord
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