|
Nom: Abused Majesty.
Prénom: Serpenthrone. Profession: album de metal. Bon ok, on a déjà
tout saisi à la lecture de cette rapide description, c'est de metal
extrême dont on traite ici. Poussons même nos déductions plus en
profondeur. Qu'il s'agirait de black metal que ce serait pas étonnant.
Ah ben c'en est! Quelle coïncidence. Bref, vous aurez compris avec
une célérité proche de la lumière que l'originalité nominative
n'est pas une des forces majeures du groupe. Bon, ça n'a jamais tué
un album non plus. Quoiqu'il en soit, Abused Majesty c'est une
troupe de Polonais (original ça aussi...), jeunes et dynamiques
qui n'en veulent. Ils vous le feront savoir avec une musique forcément
brutale et rapide (rapide et brutale?) qui enchaîne riffs et
blasts comme une souris le maïs.
Plongeons
directement dans le vif du sujet maintenant, soit la musique.
Brutale et rapide comme dit auparavant, elle enchaîne les riffs et
les blasts comme une souris les grains de maïs... Quoi je viens d'écrire
cette phrase? Ah... Oui... Deux lignes plus haut. Bon ok, mais faut
dire qu'une musique pareille n'engage pas à être particulièrement
original dans son écriture. Car des riffs rapides, des blasts
sans discontinuer et quelques claviers pour le faire de temps en
temps, ça remue pas la pieuvre dans son bocal tout ça. On a
entendu mille fois auparavant, et si possible en Pologne.
Reconnaissons à nos jeunes amis qu'ils savent composer l'air de
rien. Car ils pourraient très rapidement nous ennuyer ferme avec
leur redondante musique. Mais non. Ils arrivent à maintenir
l'amateur éveillé le long de l'album avec plus ou moins de
bonheur. Les riffs sont bons, particulièrement celui qui introduit
A Burning Army, les enchaînements sont fluides et puis les claviers
apportent leur touche de symphonique pas désagréable à
l'ensemble. Les griefs ne sont pas à donner sur les attitudes
compositoires du groupe. Par contre on se montrera moins indulgents
face à l'accumulation des poncifs du genre comme le blast frénétique
qui devient lassant à la longue. Son omniprésence le noie dans sa
propre mélasse si bien qu'il n'a plus aucun effet dévastateur
comme il se devrait de l'avoir. Quand donc les groupes
comprendront-ils cela?
Mais
ne tirons pas sur l'ambulance pour autant. Ce serait méchant que de
réserver un tel sort à ce groupe en particulier vu qu'il compose
et balance la purée avec sincérité. On se doute bien qu'ils font
ça pour se faire plaisir. Par contre, un autre reproche, mais de
moindre ampleur, à faire a trait à la production. Elle manque de
puissance, notamment au niveau de la batterie. Elle a tendance à
sonner creux et ça fait un peu tâche dans un genre où la rigueur
est de mise. Le black/death sympho, puisque c'est ainsi que nous
qualifierons la musique de Abused Majesty (uniquement pour la présence
de chant death par moments), s'accomode de ce détail. Ca ne tue pas
le disque, loin de là, mais il est toujours appréciable d'avoir
une production grosse jusqu'au creux des ongles dans le style. Petit
saut de puce pour aller voir chez les claviers si on y est. Réponse: oui. Plus important, ceux-ci savent se faire discret et apporter
de petite touches sympathiques soit par nappe (A Burning Army), soit
par riff de piano (The Path Of Sword) qui le fait. Pas plus
originaux que ça eux aussi, ils apportent leur pierre solide à l'édifice
qui se fait robuste. Un petit détour par le chant pour signaler que
le pauvre n'est pas gâté par la nature. Un chant black insipide et
un death peu convaincu. Bref, vautrage. Heureusement il ne s'agit
pas de la caractéristique principale de l'album. Enfin un mot sur
les soli, puisque soli il y a, ils se font courts, pas systématiques
et se laissent déguster.
Vous
l'aurez compris, ce n'est pas l'originalité qui étouffe cet album
bien composé de part en part pour un groupe fidèle à ce que représente
son nom. A l'exception d'un chant repoussant, il n'y a rien à jeter
si ce n'est cette constance dans la quasi redite de tout ce qui se
fait dans l'extrême actuellement. Moyennement bon donc.
RETOUR
A L'INDEX
|