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Aberfeldy est un nouveau groupe écossais qui mélange textes nostalgiques avec une musique joyeuse et légère. Young Forever (cliquez ici pour lire la chronique du disque) est leur premier album est affirme déjà toute l'originalité de ce combo animé par un leader aussi fou que réservé. L'entretien qui suit vous laissera entrevoir un brin de la personnalité de ce Riley Briggs...

 

-the lord : Pour commencer, ça doit te faire bizarre d’être interviewé par un webzine métal, non?

Riley Briggs (chant+guitare) : Oui! Mais en fait j’ai un passé assez heavy métal, j’ai même joué dans un groupe punk à une certaine époque. J’aime vraiment le rock des années 60 comme les Stooges par exemple. J’ai toujours aimé l’attitude rock’n’roll; brûler les amplis, démonter les batteries ou détruire les guitares sur scène, j’aime ça!

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-the lord : Aberfeldy est le nom d’une petite ville écossaise qui, à ce qu'il paraît, te rappelle d’assez mauvais souvenirs…

Riley Briggs : Pour moi, c’est juste un souvenir d’enfance pas très gai, j’avais une vie misérable car il n’y a rien à faire ni à voir à Aberfeldy à part quelques bars et quelques petites épiceries. En fait, ce n’est pas un très bon nom pour un groupe (rires). Je le regretterai presque maintenant! Un autre groupe s’est bien appelé Texas et en fait je trouve ça stupide (rires). Le Texas à Glasgow c’est un peu prétentieux, donc bon Aberfeldy ce n’est pas si mal.

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-the lord : Tu dis que tu as eu une vie misérable et pourtant la musique d’Aberfeldy est plutôt gaie!

Riley Briggs : Tu trouves notre musique joyeuse? En fait c’est à double tranchant parce qu’on peut être joyeux en surface et pourtant avoir des pensées négatives. Certaines mauvaises critiques disaient que notre musique était trop joyeuse ou légère. Je pense qu’il y a assez de gens qui chantent des chansons tristes. (à sa demande, on lui apporte une bière) Attendez un peu! (Il décapsule sa bière) Oh yeaaah! (Ça lui coule jusque sur les chaussures), ça c’est toute ma vie, j’adore! Euh, j’en étais où… Oui, la plupart des chansons aujourd’hui sont tristes. Mais l’album n’est pas si joyeux que ça, il parle de la vie, des déceptions amoureuses et de toutes les choses universelles que tout le monde connaît. On n’a pas voulu que cet album soit joyeux, tout a été fait très simplement, avec nos instruments et un micro pour enregistrer. Rien d’informatique derrière, juste nos guitares et nos cloches.

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Mucopurulence : Justement à propos de l’enregistrement, qu’est ce qui vous a poussé à n’utiliser qu’un seul micro?

Riley Briggs : En fait nous voulions éviter toute retouche possible, pas de sons synthétiques, pas de sons mis plus en avant dans le mix etc... Nous ne voulions pas sonner « modernes » ou « commerciaux », un seul micro était préférable parce que tout le monde jouait à la fois, chacun faisait ce qu’il a à faire en échangeant avec les autres comme lors d’une répétition ou d’un concert, mais vraiment comme un groupe. Les méthodes modernes d’enregistrement ne permettent pas d’être vraiment spontané, sur notre album vous pouvez entendre les imperfections, les fausses notes ou les contretemps. On voulait juste faire notre album tous ensemble autour d’un micro et aller au plus simple. Mais en fait ce n’est pas une méthode que je recommanderai!

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-the lord : Nous avons justement un micro, vous pouvez enregistrer un nouvel album si vous voulez!

Riley Briggs : (rires) Ok allons-y (rires)!

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-the lord : En fait à l’écoute de l’album on ne se rend vraiment pas compte que cela fut enregistré avec un seul micro; la production sonne tout à fait comme n’importe quel disque produit avec de bons moyens.

Riley Briggs : En fait c’est une question d’acoustique très précise; quand nous avons enregistré, il fallait être à une certaine distance du micro pour que le son soit homogène. Le producteur mettait son casque et déplaçait par exemple la batterie de cinq centimètres à gauche ou à droite jusqu’à ce que le son soit parfait. Il ne fallait pas non plus respirer trop fort et bouger le moins possible avant, pendant et après les morceaux jusqu’à ce que le producteur appuie sur « stop » et nous dise « c’est dans la boîte! ». Un mauvais souffle et il fallait tout recommencer. C’était une vraie torture (rires)! On a enregistré avec peu de moyens et le résultat sonne tout de même de très haute qualité et démontre donc toute l’intelligence de ce moyen de production.

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-the lord : C’est en tout cas un avantage en ce qui concerne la reproduction de votre musique sur scène!

Riley Briggs : Oui en effet, pas d’ovredubs sur les guitares ou de samples à déclancher, tout est vraiment le plus simple possible. Ca me rappelle le guitariste Kula Shaker que j’ai pu voir en concert et qui avait eu des gros problèmes de son, il a du continuer le set sans amplification, personne ne l’entendait mais il avait une telle présence!

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-the lord : Comment penses-tu que le public, français entre autres, a réagi à votre musique?

Riley Briggs : Je ne sais pas trop! J’ai lu des chroniques assez positives sur internet. La France a une relation très fort avec la musique et la chanson en particulier, il n’y a qu’à écouter la radio. Vous avez Johnny Halliday par exemple, et Serge Gainsbourg aussi. On aimerait devenir les Johnny Halliday anglais!

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-the lord : Johnny est-il vraiment connu en Grande-Bretagne?

Riley Briggs : Oh non! Etonnament non! C’est dommage, je l’ai vu en concert et c’est un des trucs les plus spectaculaires qu’il m’ait été donné de voir sur scène, vraiment! C’était le concert du millenium je crois, pas loin de la Tour Eiffel, il y avait tellement de monde, c’était incroyable et Johnny était réellement impressionnant.

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-the lord : Sur l’album vous utilisez des voix féminines. Est-ce quelque chose que vous allez approfondir sur le prochain album?

Riley Briggs : Notre prochain album sera sûrement un peu différent. On sonnera un peu plus comme Johnny Halliday (rires)! En fait on va durcir un peu notre son, on veut mettre le feu aux glockenspiels comme Hendrix le faisait avec ses guitares! Si on a la chance de sortir un album différent, les gens qui nous apprécient suivront de toute façon. Ca sonnera peut-être plus années 80 et plus « humain », plus heavy métal! Ca sera en tout cas très différent du premier album.

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Mucopurulence : A la vue de la pochette du disque, on se demande à quoi elle fait référence puisque vraiment en décalage avec le discours du groupe.

Riley Briggs : Oh cette image est en fait une illustration très grande et très impressionante. C’est un artiste assez politisé qui a réalisé cette œuvre; il met par exemple des visages d’hommes politiques sur des corps d’animaux, ce genre de choses. En fait cette pochette attire l’œil, on la voit de loin, elle intrigue et donc conduit à aller voir l’album, aujourd’hui les artworks sont très pauvres et il faut trouver quelque chose d’original pour ressortir de la masse. Cela renvoie aussi directement au titre de l’album « Young Forever », parce que ces lions qui s’accouplent vont faire des bébés, ils incarnent la jeunesse fougueuse, l’amour, le sexe et la génération à venir. Je pense que c’est tout simplement magnifique!

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(interview réalisée le 15 septembre 2004 par Mucopurulence et -the lord)


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